TIR critique l'abattage de pigeons à Zurich
La semaine dernière, sur la Stadelhoferplatz à Zurich, des pigeons ont été attirés dans un grand piège par des gardes-chasse, capturés, puis immobilisés par un coup d'étourdissement avant d'être tués par une dislocation du cou. Ils ont ensuite été jetés dans des sacs poubelles. La ville de Zurich confirme cette opération et la justifie par la " régulation des populations " : l'objectif étant d'obtenir une " population de pigeons petite et saine ". Les principaux arguments avancés sont les grandes quantités annuelles de fientes de pigeons ainsi que les dommages potentiels aux infrastructures et les risques sanitaires. Parallèlement, la ville souligne qu'une interdiction de nourrir les pigeons – inscrite dans la loi depuis 2023 – constitue la mesure la plus efficace pour réduire la population.
15.04.2026
Du point de vue du droit sur la protection des animaux, cette procédure soulève toutefois des questions. La capture et le confinement des animaux – tout comme leur mise à mort ultérieure – sont source d’un stress considérable ; on ne peut en aucun cas parler d’une mort sans peur ni souffrance. De plus, des études scientifiques montrent que l'abattage des pigeons urbains n'aboutit pas à l'effet souhaitée à long terme, mais peut même favoriser une évolution inverse de la population en raison d'une reproduction accrue et d'une immigration. Les solutions durables et respectueuses du bien-être animal résident plutôt dans des approches préventives : celles-ci comprennent des pigeonniers gérés, le contrôle de la reproduction par le remplacement des œufs ainsi qu'une gestion réglementée de l'alimentation.
Les événements actuels montrent clairement qu’un changement de mentalité est nécessaire dans la gestion des pigeons urbains – vers des stratégies à long terme, scientifiquement fondées et conformes à la protection des animaux. Cela nécessite toutefois une volonté politique, notamment durable. Les concepts mis en œuvre à moitié sont voués à l’échec dès le départ. La Stiftung für das Tier im Recht (TIR ; fondation pour l’animal en droit) s’efforce de trouver une solution en concertation avec les autorités zurichoises.